Coup de tête

Pierre Bachelet — 1979

« COUP DE TÊTE », un film qui, une fois vu, ne vous quitte plus jamais. N’est-ce pas la substance d’un culte ? Le personnage de François Perrin interprété par Patrick Dewaere, footballeur du club de Trincamp est un héros romantique, seul être pur en butte à l’hostilité et à la mesquinerie des notables ainsi que de la populace d’une ville de la « France d’en bas ». Un rôle qui colle comme une deuxième peau à son interprète dont la biographie nous prouve qu’il était lui-même en quête d’absolu et bien incapable de s’accommoder des « petits arrangements » qu’impose l’âge « adulte». Le thème principal du long-métrage de Jean-Jacques Annaud lui aussi continue de vous hanter bien après son visionnage. Véritable coup de génie qui à l’instar des thèmes du Troisième Homme ou de Macadam Cowboy sont indissociables de leurs anti-héros.

Quand on cite le nom de Pierre Bachelet, l’auditeur moyen pense aux Corons ou à L’an 2001. Ce sont pourtant des arbres qui cachent une forêt de compositions pour le cinéma dont les plus célèbres ont pour nom Emmanuelle, Histoire d’O et Gwendoline. Les plus curieux savourent également ses enregistrements pour le projet Resonance dont l’album de 1976 est un ovni de Disco progressif produit en France mais calibré pour l’international et qui surtout annonce la French Touch trente ans plus tôt. Nuls doutes que Thomas Bangalter de Daft Punk a dû écouter cet album par l’entremise de son père producteur de Cosmic disco, Daniel Vangarde.

Pierre Bachelet avec son thème de « Coup de Tête » qu’il décline tout le long de sa B.O. parvient à retranscrire ce spleen provincial à l’horizon bouché par des dimanches sans fin d’où surnage le romantisme du héros dewaerien, symbole de l’écorché vif. Jeune adulte post soixante huitard revenu de tout. Jean Bouise alias Sivardière quand il lance : « J’entretiens onze imbéciles pour en calmer huit cents autres qui n’attendent qu’une occasion de s’agiter. » résume bien toute la tristesse en polyester de cette France périphérique de la fin des années soixante-dix. Mais hauts les coeurs ! Il y a cette musique entêtante taillée sur mesure pour Dewaere qui nous rappelle que parfois l’individu et son fol espoir triomphent de la masse. En avant Trincamp !

Limited vinyl edition : 300 copies – PCR031
OUT May 9th -2019 !


Side A
1. Générique début
2. En voyage
3. L’inspecteur, le président et sa femme
4. Sortie de prison
5. Invitations à diner
6. Allez Trincamp

Side B
1. Station Service
2. Hymne de Trincamp
3. La victoire en fanfare
4. La revanche
5. Générique de fin
6. Générique de début (version alternative)v

Texte : Jean-Emmanuel Deluxe
Artwork : Albert S. Rivera
Réalisation : Alexis Kacimi

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