Les
 Mercuriales

Fondés autour du romancier Jean-Pierre Montal, Les Mercuriales sortent, le 29 mai, leur deuxième album, intitulé L’exil loin des slows. Les improvisations de leur premier disque y côtoient une veine plus mélodique, portant des textes ciselés comme des nouvelles.

Certains groupes saturent l’espace, d’autres se dissolvent pour réapparaître sous un nouveau visage. Les Mercuriales sont de cette catégorie. Formation à géométrie variable, rare en concert et connue pour ne jamais jouer un titre deux fois de la même manière, Les Mercuriales reviennent avec un disque de poids : L’exil loin des slows. Deux années auront été nécessaires afin d’aiguiser ce deuxième album qui succède à Les choses m’échappent, salué par la critique — « Les Mercuriales peuvent prendre de haut la concurrence rock mondiale » (Technikart), « … les chansons sont singulières, déstabilisantes, comme on aime » (Côté Club / France Inter).

Avec L’exil loin des slows, le groupe s’éloigne sciemment de la formule française du « super groupe » derrière un écrivain (façon Michel Houellebecq & AS Dragon, Jacques-Alain Léger & Gong) : « Nous voulions conserver les longs morceaux improvisés du premier album mais les conjuguer avec une écriture plus resserrée, des compositions plus directes », explique Jean-Pierre Montal (voix, guitare et textes), avant de poursuivre : « Dès l’écriture, j’avais l’idée d’une sorte de collision entre Blood on the Tracks de Bob Dylan et Avalon de Roxy Music : des textes précis, narratifs, qui explorent les facettes du sentiment amoureux et une recherche musicale pop, étrange, aventureuse. »

Les Mercuriales s’isolent dans un loft d’Ivry-sur-Seine, avec Vincent Hivert (En Attendant Ana, Biche) et Paul Rannaud (Fat White Family, Insecure Men), pour forger un son brut, nourri par les arrangements inattendus des claviers de Sophie Massa (À trois sur la plage) et Frédéric Collay. Le résultat donne une collection unique de morceaux qui vont de l’échappée free hors de contrôle des saxophones de Stanislas de Miscault (Entracte Twist, Crush of Soul,), à la chanson/nouvelle (Le mode d’emploi du monde tomes 1 et 2) jusqu’à un slow crève-coeur (L’exil loin des slows). Le tout porté par une sorte de crooner épuisé par les factures, l’actualité et les messages sans réponses qui s’empilent dans son portable.

La Face Nord ouvre l’album et en fixe d’emblée la couleur : guitares à la The Band et texte conçu comme un prolongement du roman éponyme de Jean-Pierre Montal (Prix des deux magots 2024), chronique d’un amour impossible. La chanson se présente comme une sorte d’épilogue au roman, comme si son personnage principal repensait, plusieurs mois après, à la rupture racontée dans le livre.

Cette atmosphère introspective se prolonge avec L’autre nuit, plongée insomniaque aux tensions feutrées, où l’influence des derniers Talk Talk se fait sentir. Plus loin, La méthode Canadair et Stars du muet explorent la fuite et l’incommunicabilité, tandis que ce dernier morceau accueille la premiére invitée de l’album Nathanaëlle Hauguel d’Ellah A. Thaun. En retournant le disque, En circuit court capture une tension brute et irréplicable, tandis que Jill Caplan prête sa voix au Mode d’emploi du monde.

L’album se referme sur L’exil loin des slows, un slow, un vrai, pour tenir contre soi quelqu’un que l’on aime et danser sur le brasier de l’époque. La boucle est bouclée, sur fond de guitares claires, de claviers aériens et de flûtes rêveuses, a l’image de cet album lumineux et mélancolique qui fera désormais partie de nos vies.

L’EXIL LOIN DES SLOWS
PCR 082 – OUT MAY 29th, 2026

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