Nick
 Wheeldon

Et si le remède, pour affronter les tourments actuels de nos sociétés malades, était un disque de folk comme on fait plus, aussi fascinant qu’élégant ? Deux ans après Waiting for The Piano To Fall, Nick Wheeldon est de retour accompagné par The Living Paintings pour nous livrer un nouveau chapitre de sa discographie : Tadpoles.

Dans cet album aussi solaire que bouleversant, l’énergie collective du groupe irradie les compositions du songwriter britannique au talent sans frontières. Sans délaisser ses obsessions, toujours introspectif et profondément humaniste, Nick Wheeldon combine ici mélancolie et optimisme, entre espoir et nostalgie. Après plus d’un an de silence discographique, il n’aura pas fallu plus de sept jours à la formation pour mettre en boîte ces neufs nouveaux morceaux. Entièrement enregistré en analogique, agrémenté d’une section de cuivre, laissant part belle au saxophone et au violon ainsi qu’à une bonne dose d’improvisations, Tadpoles est à l’image de son auteur : une bouffée d’air frais dans un monde de plus en plus anxiogène et saturé d’artefacts qui se jouent de l’authenticité, ici retrouvée.

Arrivé à Paris depuis une douzaine d’année, celui qui a longtemps traîné sa voix et sa guitare du côté de Sheffield, de l’autre côté de la manche, n’a jamais su faire les choses à moitié. Prolifique auteur d’une poignée d’albums réalisés avec autant de groupes que les multiples facettes qui le compose (Os Noctàmbulos, 39th and The Nortons, The Necessary Separation), Nick Wheeldon déballe à nouveau ses valises en même temps que ce qu’il a sur la main : son cœur. Ici tout est vivant, tout respire, tout pousse à la contemplation : harmonies lumineuses, mélodies aventureuses, arrangements soignés, émotions brutes et spontanéité sont au centre de ce chef d’œuvre aussi sensible que raffiné, porté par les textes poétiques aux images naturalistes et oniriques de celui qui sait concilier forces de la nature aux éléments déchaînés avec ses sentiments les plus exaltés.

C’est à Lüe, une petite commune des Landes, que les prises live ont été réalisées avec Stephane Jach au violon, Sam Roux au piano, Luc Martin à la basse et Nico Brusq à la batterie. Sans oublier bien-sûr Paul Trigoulet, fidèle compagnon de route que l’on retrouve à la guitare, à la trompette mais aussi derrière les manettes du studio Lillois Fausse Boutique pour un mixage éblouissant de bout en bout, subtile mélange d’infinie clarté et de chaleur retrouvée. À cette dream team s’ajoute également Marc Mouches (saxophone), Michel Roux (mellophone) et surtout Laurent Rigaut (saxophone et clarinette basse) avec son approche free de ses instruments vagabonds. Du pragmatisme rêveur de You Can’t Have It All au groove imparable de Summer Prey, c’est tout un monde sensible qui se glisse alors dans nos oreilles pour ne plus en ressortir. Ce disque pourrait donc être l’histoire d’un tadpole devenu froggy pour de bon ; mais ce sera mal connaître Nick Wheeldon, et on se réjouit de savourer à nouveau une si puissante révélation de son talent d’exception.

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